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19/11/2014
Robert Sebisaho: ''Je vivrai mon ministère de diacre avec mon épouse...''
Robert Sebisaho sera le deuxième diacre permanent à être ordonné cette année dans le diocèse de Namur. Même si sa lettre de mission n’est pas encore connue, il sait déjà qu’il vivra son ministère au carrefour de trois chemins: sa vie de famille, son travail dans l’enseignement et ses engagements en paroisse. Pour exercer sa fonction, il pourra compter sur le soutien de son épouse, Noëlie. C’est elle qui a contribué à éveiller sa vocation…
À l’école, ses élèves du cours de religion croient qu’il est déjà prêtre… Autant dire que quand Robert Sebisaho leur a annoncé son intention de devenir diacre permanent, tout le monde a trouvé ça normal. Même réaction dans son entourage: chacun pense que ce ministère lui conviendra parfaitement. ''Le seul qui doute, c’est parfois moi'', confie-t-il. ''J’ai peur de ne pas être à la hauteur. J’essaye de me réconforter en me rappelant cette phrase: Dieu ne choisit pas des gens capables, il rend capables ceux qu’il choisit.''
S’il en est une par contre qui ne doute pas de la vocation de Robert, c’est Noëlie (photo), son épouse depuis 1993. Il se souvient encore de ce jour de 2008 où il lui a demandé son avis: ''Un ami prêtre me suggère de devenir diacre permanent. Qu’en penses-tu?'' Noëlie a marqué un temps de silence, avant d’éclater de rire. Cela faisait trois ans qu’elle pensait à l’idée, sans jamais avoir osé la lui partager…

De Goma à Bruxelles, en passant par Louvain-la-Neuve
Robert Sebisaho est né en 1962 à Goma, en République démocratique du Congo. Il est l’aîné d’une famille de 14 enfants. À la fin de ses humanités, il se sent attiré par la vie contemplative, et rentre au monastère de Mokoto, une fondation de l’abbaye de Scourmont. Quand il termine son noviciat, il a 21 ans. On le juge trop jeune pour s’engager définitivement. On lui suggère plutôt de faire des études…
Après une année en sciences religieuses et un baccalauréat en philosophie à Kinshasa, il prend la direction de Louvain-La-Neuve pour une licence en philosophie, suivie d’un doctorat. En 1996, il se lance dans une licence en coopération du développement à l’ULB. Ses premières expériences professionnelles se passeront dans l’enseignement: professeur de philosophie à l’université nationale du Rwanda, puis de religion à Bruxelles. Une matière qu’il ne peut enseigner que moyennant une nouvelle formation: en 2003, il s’engage dans une licence en théologie à l’UCL.
En 2007, à sa grande surprise, un de ses amis, ministre au Congo, le choisit comme conseiller en charge de la solidarité nationale et de la réinsertion. Il en discute avec sa femme et décide de relever le défi. Dans son pays natal, il va sillonner les campements, à la rencontre des réfugiés et des blessés de guerre. Une expérience intense, quoique de courte durée, puisque 6 mois plus tard, son ami quitte le gouvernement. Robert rentre alors en Belgique où il retrouve sa famille. Il est nommé professeur de religion à l’IET Notre-Dame de Charleroi, où il est toujours en poste.

''Je veux être diacre berger''
Le 12 février 2008 est l’une des dates balises de la vie de Robert Sebisaho. Ce jour-là, l’abbé Emannuel Rubasha l’interpelle en ces termes: ''L’Eglise a besoin de toi. Pourquoi ne pas cheminer vers le diaconat?'' Noëlie est du même avis: cela fait longtemps qu'elle y pense de son côté…
Avec autant de signes concordants, Robert fait sienne l’idée qu’on lui suggère et commence sa route vers le diaconat. D’abord le cheminement dans l’équipe de Malines-Bruxelles, puis la formation à Rochefort, après son déménagement à Jemeppe-sur-Sambre.
Certes, avec ses diplômes en main, Robert a déjà un excellent bagage intellectuel. Les années Rochefort lui permettent de mieux connaître le diocèse de Namur et ses réalités pastorales. Des années de maturation, qui le font aussi réfléchir à ce qu’il veut devenir: diacre samaritain, prophète, berger? ''Personnellement, je me reconnais plutôt dans la dernière catégorie'', explique-t-il. ''Je veux jouer le rôle d’accompagnateur, d’entraîneur. J’ai envie de motiver ma paroisse à rentrer dans la dynamique de la diaconie. J’ai besoin de travailler en équipe, que ce soit au service de la catéchèse ou avec les visiteurs de malades.''

Professeur de religion, attentif aux personnes âgées
Le bienheureux pape Paul VI fait partie des guides spirituels de Robert Sebisaho. C’est lui qui a dit un jour: ''L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins.'' C’est aussi la devise que Robert s’applique quand il est à l’école, devant ses élèves. Un métier qu’il affectionne: ''A 5 ans déjà, je voulais être enseignant. J’adore transmettre. J’adore le contact avec les jeunes. C’est un défi que d’enseigner la religion à des adolescents, mais aussi une vraie nécessité. Les jeunes sont en quête de sens. Chaque année j’organise avec eux des pèlerinages, à Rome, à Montserrat…''
Est-ce que ses racines africaines auront un impact sur sa façon d’exercer son ministère? La réponse est oui. ''Je viens d’un continent où la personne âgée est tenue en haute estime: elle est la mémoire vivante, on la garde, on recherche sa compagnie.'' Et de poursuivre: ''Ici, en Basse-Sambre, il y a beaucoup de personnes âgées, seules. En tant que diacre africain, je serai particulièrement attentif à ces ‘pauvres’ qui ont encore quelque chose à dire à la société.''

Diacre avec Noëlie, Stéphane, Andy
Depuis qu’il est installé à Jemeppe-sur-Sambre, Robert a pu compter sur l’accueil du curé de la paroisse, l’abbé Jean-François Scheffers. La compagnie d’un autre prêtre lui est aussi essentielle: celle de l’abbé Jacques Detienne, un ''jeune homme de 84 ans'' qui lui a tout appris de la région. ''Je suis un intellectuel. Jacques m’apporte ce côté concret. Il me donne un retour extrêmement positif.'' Même accueil chaleureux de la part des paroissiens. Le dimanche 23 novembre à 10h, ils seront nombreux à entourer leur nouveau diacre, qui recevra l’ordination des mains de Mgr Vancottem.
Pour le futur diacre, le fait de recevoir ce sacrement ne change rien, en même temps qu’il change tout: ''Des gens comptent déjà sur moi, et m’ont demandé de les accompagner. Je célébrerai des ADAP. Mais à chaque fois, je laisserai la place du prêtre vide et demanderai à l’assemblée de prier pour les vocations sacerdotales. Nous avons besoin de prêtres. La célébration de l’eucharistie est la source et le sommet de toute vie de foi.''
Bien sûr, Robert sera également diacre en famille, entouré de ses fils Stéphane et Andy (photo)… Sans oublier son épouse: ''Je ne vivrai pas mon ministère sans elle. Ma vocation est un mélange de désirs intérieurs qui n’étaient pas précis, et qui se sont concrétisés suite à l’interpellation lancée par Noëlie. Ma famille est partie prenante de ce qui m’arrive aujourd’hui.''
A.S.
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