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6/12/2016
Le père Paul Malvaux, jésuite, a prononcé son 4eme voeu
Le père Paul Malvaux parcourt, sac au dos, les rues de Namur à grandes enjambées. A 47 ans, il vient de prononcer ses derniers voeux, le 4eme voeu comme on l'appelle chez les Jésuites, il s'est 'engagé à une totale obéissance aux ordres du pape. Originaire de Verviers, cet ingénieur industriel diplômé de l'Institut Gramme partage, aujourd'hui, ses journées, entre l'enseignement, l'aumônerie universitaire de Namur et l'accompagnement au Centre spirituel Ignatien de la Pairelle, à Wépion. Rencontre.
Les premiers mots à peine échangés et le petit accent du père Paul Malvaux trahit déjà ses origines: il n'est pas originaire du diocèse de Namur... Ses origines sont liégeoises ou plutôt verviétoises. Le Jésuite sourit fait semblant de s'en étonner avant de reconnaître qu'il ponctue aussi régulièrement ses propos d'un ''oufti'' typique ou encore d'un ''nenni'' qui l'est tout autant...
C'est encore à Verviers qu'il fera connaissance avec la Compagnie de Jésus, il étudie à l'institut Saint-François Xavier. ''J'ai étudié durant 16 ans dans une école jésuite.'' Et déjà, il s'y sent bien.
Diplômé ingénieur industriel de l'Institut Gramme, titulaire d'un diplôme complémentaire en sciences économiques et sociales et d'une licence -on parle aujourd'hui d'un master- en philosophie, c'est tout naturellement qu'il choisit la Compagnie de Jésus lorsqu'il décide de consacrer sa vie à Dieu. ''Les jésuites ont une spiritualité, un mode de pensée qui me convient parfaitement: le Christ est au centre. Et puis, il y a un grand accent de liberté. On dit souvent que quand on pose une question à un Jésuite il répond en posant une autre question. Cela fait sourire. Mais en fait, c'est parce que le Jésuite ne veut pas dire à la personne ce qu'elle doit faire, penser. On veut la pousser à trouver la solution par elle-même. Nous avons une profonde confiance en l'autre.'' Le père Malvaux est encore séduit par l'importance accordée, au sein de la Compagnie de Jésus, au discernement. ''Un discernement qui nous pousse à reconnaître comment Dieu nous parle. On se doute que sa voix ne tombe pas du ciel en passant à travers les nuages!'' Il faut apprendre à la connaître, à la reconnaître.

''Je me sens chez moi''
Entré dans la Compagnie de Jésus en 1992, le père Malvaux, en retrouvant des écrits qui remontaient à sa profession de foi, a pu constater que son désir de devenir religieux était déjà, à ce moment-là, très clair. Les années passent et Paul Malvaux vit la vie de tous les adolescents: ''Je devais faire mes expériences.'' Et puis d'ajouter... ''J'ai senti que quelque chose me parlait''. Une retraite de discernement faite à la fin des études d'ingénieur et avant d'effectuer son service militaire lui permet de prendre sa décision. Il franchit le pas: son noviciat se passe à Bruges et en néerlandais, ''c'est important pour l'ouverture culturelle'' ponctue-t-il. ''Pour moi entrer dans la Compagnie de Jésus était naturel, on y est chez soi.''
Une formation qui se poursuit par des études en théologie à l'IET à Bruxelles complétées par une année de théologie pastorale à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Il passera une autre année aux Philippines. Le père Malvaux aurait-il le voyage chevillé au corps? ''C'est la tradition chez les Jésuites de partir à l'étranger, c'est excellent pour l'ouverture d'esprit, pour l'ouverture sur le monde et puis pour apprendre les langues. Chez les jeunes, aujourd'hui, partir en Erasmus est naturel.''
Ordonné prêtre en 2004, le père Paul Malvaux donne des cours de philosophie aux futurs ingénieurs de l'Institut Gramme et comme assistant, il y anime des laboratoires. Il travaille aussi à l'aumônerie de l'Université de Namur où les étudiants ont développé un projet social. Chaque lundi, le père Malvaux part avec eux à la maraude, à la recherche des SDF pour leur offrir potage, café... Le mercredi, la célébration est suivie du souper spaghetti, et c'est ouvert à tous. Le père aime cette présence auprès des étudiants pourvu qu'ils soient ouverts d'un point de vue spirituel. Il est encore ému par leur générosité. ''J'aime les aider à découvrir leur intériorité, la dimension spirituelle, celle qui donne du sens.'' A la Pairelle, comme ses collègues, il anime des retraites, se charge aussi de l'accompagnement individuel... ''L'accompagnement est un travail passionnant. Je me considère comme un facilitateur entre la créature et le créateur.''
Le père Malvaux vit dans une maison des jésuites, à Namur, rue de Bruxelles. Il est en charge de l'intendance avec les courses à faire, l'entretien du linge... ''La vie en communauté peut avoir des aspects pesants, on ne se choisit pas. Mais, je ne voudrais jamais vivre seul: ici, on regarde les informations ensemble, on les commente, on mange ensemble, on part en vacances...'' Une communauté qui doit faire face à des départs, à des arrivées. Le père s'en accommode: ''Chacun sait qu'il entre dans une communauté universelle...''

Mordu de la marche
Et puis, il y a la détente. Le père Paul Malvaux aime la lecture principalement les récits de voyage et la poésie. ''Dans ma chambre, il y a des livres partout.'' La randonnée est une autre de ses passions. Le père Malvaux a rejoint Saint-Jacques de Compostelle, à pied. Une marche au départ de Liège effectuée en une seule fois: trois mois pour parcourir 2.300 km. ''Pendant ce temps, on vit uniquement du nécessaire: on marche, on mange et on dort. Tout le reste est cadeau, une véritable respiration qui sort du quotidien et durant laquelle on goûte à la saveur des choses.''
Ce 4eme voeu qu'il vient de prononcer, l'a amené à réfléchir sur sa vie. Et le bilan est plus que positif. ''Cela fait 24 ans que je suis Jésuite, ce voeu n'est pas un commencement... Mais si finalement, c'est un peu ça. Ce voeu est la confirmation d'un chemin qui commence ou qui va continuer et pour toujours.''
Christine Bolinne
Photo des voeux: X.L.
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