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13/12/2011
UNE RÉÉCRITURE DE LA NATIVITÉ: LA DERNIÈRE DIMANCHE À VIRTON
Philippe Vauchel joue ''Au nom de la mère'' dans les églises du diocèse
Philippe Vauchel se lance, gestes à l'appui, dans un extrait d'''Au nom de la mère'', le spectacle qu'il joue depuis quelques jours dans les églises. Rencontre avec un artiste bien de chez nous qui propose une autre approche de la maternité de la Vierge. Une réécriture de la nativité à partir du livre d'Erri de Luca.
Il a des airs de Jacques Villeret avec l'humour mais aussi toute la sensibilité. Philippe Vauchel est originaire de Marloie. Aujourd'hui, le jeune papa -il est très fier de sa fille- vient de s'installer, avec sa famille, dans la région de Huy. ''Je vivais en face de l'église, explique l'artiste, et tout naturellement je suis devenu enfant de choeur. Et comme j'habitais tout près de l'église dès qu'il manquait quelqu'un, j'étais réquisitionné. Ma grand-mère paternelle était très bigote elle aimait dire: 'c'est un si gentil garçon qu'on en fera un curé et je serai sa bonne'.''
Ces réflexions, si souvent entendues, ont peut-être poussé Philippe Vauchel, lors d'une rencontre avec le service PMS, à dire que plus tard il serait prêtre ou clown. ''Je ne sais vraiment pas pourquoi j'ai dit que je voulais être clown: j'ai toujours détesté les clowns! Je n'aime pas faire rire un public au détriment d'une personne. Je respecte le spectateur, je ne peux faire preuve de cynisme à son égard. '' Philippe Vauchel a donc finalement choisi: il est devenu... prof de religion avant de se tourner vers le monde du théâtre.

Le dimanche, le jour de la messe!
Philippe Vauchel ne se cache pas pour dire qu'il est catholique et pratiquant. Dans le monde du show business, il est quasi une exception. Il a ainsi souvent droit à des réactions du style: ''quelqu'un qui va à la messe ne peut pas être un vrai artiste.'' Pas de quoi déstabiliser l'artiste qu'il est.
Philippe Vauchel se produit sur toutes les scènes en Belgique comme à l'étranger dans des répertoires très diversifiés. Et comme, il a parfois du mal à entrer ''dans les pantoufles'' des autres, il écrit aussi ses propres textes. L'écriture n'est pas pour autant un moment facile. ''Je ne peux écrire que dans l'urgence'', précise Philippe Vauchel. Chaque phrase couchée sur papier est un moment douloureux. ''Chaque phrase doit être parfaite. Tout me prend un temps fou. Je suis ainsi incapable de rédiger un CV ou encore des cartes postales lorsque je suis en vacances. Je suis un peu le Gaston Roelants du théâtre belge: lui était un coureur de fond moi, je suis un acteur de fond.''
Des spectacles, il en a pourtant déjà écrit pas mal. ''Trois secondes et demie'' le spectacle qui se jouait dans un appartement, c'était lui. ''La grande vacance'', une pièce de théâtre autour de la mort, c'est encore lui. Elle a été jouée plus de 200 fois! ''La mort, c'est ma maîtresse. Je pourrais écrire tous les jours sur la mort. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, je n'ai pas de problème avec ma mort avec mes morts. Rassurez-vous, je ne suis en rien morbide. Il faut bien se rendre compte que la mort prend, chaque matin, son café à nos côtés. On m'appelle 'L'obsédé de la mort'. J'aime décliner, à l'infini, notre condition de mortelle.''

En scène, dans l'église
Etre croyant a peut-être poussé Philippe Vauchel à délaisser la scène pour les églises. Depuis quelques jours, il présente ''Au nom de la mère'', un livre signé Erri De Luca. ''Jouer dans une église, c'est délicat, confie Philippe Vauchel. Il n'est pas question de jouer dans le choeur, ce n'est pas ma place. Il y a déjà quelqu'un et qui a un sacré sens de l'accueil. Je choisis aussi de ne pas Lui tourner le dos ainsi, quand je joue, le spectateur est libre de lui faire un clin d'oeil.'' Ce spectacle qui est présenté dans le diocèse, c'est celui de la nativité. ''Il raconte la vie d'une jeune femme juive, ''spitante'', amoureuse, charnelle. J'aime ce pari fou, ce ''oui'' à ce qui est plus grand que nous... C'est encore l'histoire d'une transgression. Celle de Iosef qui contre l'évidence de l'adultère, la pression sociale et l'obéissance à la loi hébraïque, défend son épouse avec l'obstination de la grâce.''
On peut s'étonner qu'un homme joue le rôle de la Vierge Marie; pas Philippe Vauchel. ''Le fait que la Vierge Marie soit incarnée par un petit bedonnant et dégarni va aider les spectateurs à prendre de la distance. Ils réussiront mieux à se concentrer sur le texte.'' A la guitare, pour le soutenir musicalement, Pascal Chardome.
Un spectacle à ne pas manquer à l'approche de Noël: ''On peut entendre le texte sans aller à la messe'', ajoute, clin d'oeil à l'appui, Philippe Vauchel.
Christine Bolinne

A voir le 27 novembre, à 15h, à l'église de Rochefort; le 4 décembre, à 15h, à l'église de Celles; le 11 décembre, à 15h, à l'église de Marloie; le 18 décembre, à 15h, à l'église de Nassogne et le 23 décembre, à l'église de Virton, à 15h.
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