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20/11/2009
L'abbé Christian Florence est nommé Vicaire épiscopal
Quand on demande à l'abbé Christian Florence qui il est, il éclate de rire. Puis, la réponse fuse: "Je suis un petit chou de Bruxelles!" Ce Bruxellois d'origine ne quitterait plus aujourd'hui Namur, sa capitale d'adoption. A 65 ans, l'abbé Florence se prépare à dire au revoir à sa paroisse, la paroisse Sainte-Croix à Saint-Servais: il va occuper les fonctions de Vicaire épiscopal. L'abbé Florence devient ainsi un collaborateur direct de l'évêque dans la gestion du diocèse.

Sa vie, l'abbé Florence la mène à 100 à l'heure. "Je cours toujours. Je suis un peu speedé" reconnaît-il bien volontiers. Son arrivée dans de nouvelles fonctions, celles de Vicaire épiscopal, ne va pas alléger son agenda. Par contre, cela lui donne l'occasion de jeter un regard sur sa vie. Pas de place pour la nostalgie. Juste l'occasion de se rendre compte qu'elle a été bien remplie et avec une constante: une aide, une oreille attentive à ceux pour qui la vie n'a pas toujours été un long fleuve tranquille.
Toute son enfance se passe à Saint-Gilles dans une famille profondément catholique. Christian Florence se rend très vite compte qu'autour de lui tout le monde ne partage pas les mêmes convictions. "Saint-Gilles était une commune très rouge. Des personnes avaient des manières de voir les choses, de penser bien différentes des miennes et de celles de ma famille. Une histoire m'a marqué. Le bureau de police était lui aussi très rouge. Un jour, les policiers ont trouvé un bébé. Naturellement ils l'ont amené chez les soeurs pique-fesses (ndlr: comprenez les Petites Soeurs de l'Assomption), des religieuses qui allaient faire les piqûres chez les pauvres. Le lendemain, ils ont fait une collecte pour aider les soeurs à nourrir l'enfant. Les non-croyants respectaient les religieux."
Quelques années plus tard, Christian Florence se lèvera, chaque jour, bien avant le soleil pour aller servir la messe chez ces religieuses. Un office qui avait lieu à 6h. Un des autres moments forts de sa vie sera son passage chez les scouts. Les yeux de l'abbé Florence brillent d'émotion lorsqu'il parle de ce prêtre qui accompagnait la troupe: "Une fois la messe dite en latin, il se tournait vers les jeunes pour leur lire, en français, l'Evangile tout en l'expliquant." Christian Florence est alors tombé sous le charme de la beauté de l'Evangile et c'est ainsi qu'il s'est tourné vers la prêtrise. Comment pourrait-il d'ailleurs en avoir été autrement pour un enfant qui jouait à dire la messe.

Détour par la RTT
Nous sommes en 1964, Christian Florence s'inscrit au séminaire Jean XXIII à Malines-Bruxelles. Le contexte est difficile: c'est l'époque du "Walen buiten". D'un point de religieux, les choses ne sont pas plus simples: c'est la pleine période conciliaire. Christian Florence ne se sent pas à l'aise et il quitte le séminaire pour entrer à la RTT (Régie des Télégraphes et Téléphones). Le temps de glaner quelques souvenirs: "J'ai ainsi été chargé de transmettre le télégramme dans lequel Henri Spaak annonçait qu'il mariait sa fille à l'église."
Cette carrière à la RTT ne sera pas bien longue. Le Doyen de Saint-Gilles a bien compris que ce jeune était destiné à "autre chose". "C'était je crois pendant la kermesse. Il m'a littéralement accroché: 'Est-ce que tu y penses toujours' et j'ai répondu oui." Le prêtre effectuera les démarches pour que ce jeune Bruxellois entre au séminaire de Namur. Un choc. Il découvre la ruralité ainsi que la simplicité et l'intelligence des gens.
Les études terminées Mgr Charue, l'évêque de l'époque, le nomme vicaire à la paroisse Saint-Paul, à Namur. Les messes se faisaient à la chapelle de l'ancien hôpital militaire et drainaient de "vrais Namurois". Beaucoup avaient été délogés du Grognon, ce quartier populaire installé au confluent de la Sambre et de la Meuse. Les maisons avaient été rasées. Les familles vivaient dans des buildings. Pour rencontrer ses paroissiens, l'abbé Florence est de tous les comités (des fêtes, des jeunes...). "Un jour, une de ces familles m'a demandé si je ne voulais pas rendre visite à leur fils enfermé à l'IPPJ de Wauthier-Braine. J'y suis allé. J'ai rencontré un éducateur qui m'a parlé d'un autre jeune qui n'avait plus de contact avec sa famille. Il m'a proposé de le prendre le week-end. J'en ai eu jusqu'à cinq à la maison. Ce n'était pas évident de faire vivre tout le monde sur mon seul salaire."

"Je veux faire des ponts"
Quelques années plus tard, l'abbé Florence se retrouvera comme aumônier de la prison de Namur. "J'y ai fait une découverte fondamentale: pastoralement parlant, le monde des pauvres a beaucoup à nous apporter au niveau de la foi". Un travail de dix-sept années.
Ce prêtre a beaucoup bougé dans sa vie, il se plaît d'ailleurs à se décrire comme un nomade. Après la paroisse Saint-Paul on le retrouve à la paroisse Saint-Nicolas et depuis treize ans maintenant à la paroisse Sainte-Croix à Saint-Servais. Entre-temps il est devenu doyen puis doyen principal de Namur: pas de quoi prendre la grosse tête. "Un doyen, c'est pas un super curé mais un responsable administratif d'une circonscription ecclésiastique. Lorsqu'il y avait un problème mon seul pouvoir était la persuasion."
Monseigneur Léonard vient de le désigner comme Vicaire épiscopal pour la province de Namur. Parmi ses attributions, la mise en place du chantier paroissial. Il s'agit de gérer de manière optimale les besoins des paroisses en faisant face à une diminution du nombre de prêtres. Les Laïcs sont amenés à avoir un rôle actif. "J'ai des attentes quant à la mise en place de ce chantier paroissial. Je sais que ce ne sera pas facile tant d'un point de vue géographique qu'institutionnel. Il faut avancer tout en veillant à ne pas blesser les personnes." Une fonction dans laquelle il va entrer progressivement. Il restera doyen jusqu'à la désignation d'un successeur.
"Je veux établir des ponts entre l'évêché et le diocèse. Et je veux continuer à annoncer la bonne nouvelle dans notre monde. Et pour moi la bonne nouvelle de Dieu, sa gloire, c'est celle d'un homme debout, ressuscité."
Christine Bolinne

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