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9/8/2011
IL SERA À MADRID AUX JMJ
L'abbé Décisier: ''Nous appartenons à une belle et grande famille, celle de l'Eglise''
De nombreux prêtres participeront aux JMJ avec des jeunes de leur paroisse. Pour beaucoup, ce ne sera pas une première. L'abbé Stéphane Décisier, 35 ans, ordonné en juin 2008, est sur le départ. Vicaire dans la paroisse de Malonne, appartenant à la Fraternité Saint Léopold Mandic, il est aussi membre du Service Jeunes du diocèse de Namur-Luxembourg (ex-Coup de Pouce). Chargé aussi en paroisse de la pastorale des jeunes, l'abbé Décisier part avec trois groupes d'une dizaine de jeunes en catéchèse post-confirmation. Des jeunes de Malonne âgés entre 13 et 20 ans. L'abbé Décisier raconte ''ses'' JMJ: il était à Cologne comme des millions d'autres jeunes. Un temps marquant qu'il n'hésite pas à partager avec ceux qu'il accompagne.
Avez-vous souvent participé aux JMJ?
La seule fois que j'ai pu y participer c'était en 2005 à Cologne. J'étais alors séminariste à Namur.

Comment avez-vous vécu ces JMJ?
C'était pour moi une expérience unique. Lors des JMJ, vous expérimentez véritablement la dimension universelle de l'Eglise. A Cologne, nous étions un peu plus d'un million pour le week-end final, et malgré ce nombre impressionnant on pouvait presque entendre les mouches voler pendant la veillée de prière ou pendant la messe. Même si certains parlaient c'était toujours discrètement et avec respect pour permettre aux autres de vivre ces moments de prière. Ces jours sont réconfortants pour les jeunes car ils ont besoin de sentir qu'ils ne sont pas seuls à vivre leur foi, qu'on peut être jeune, comme les autres jeunes, et vivre pleinement sa foi. C'est une profonde communion spirituelle et humaine. On se sent appartenir à une grande famille, celle des baptisés.

En parlez-vous avec les jeunes qui vont participer?
Bien sûr, en les préparant j'ai évoqué devant eux tous les aspects des JMJ, des plus beaux, aux éventuels problèmes qui pourraient intervenir (retard, longues files, fatigue...) afin de leur permettre de se préparer au mieux. Je n'ai rien voulu leur cacher.

Est-ce là que vous avez été conforté dans votre décision de devenir prêtre?
Personnellement, j'avais déjà clairement dans mon coeur mon appel au sacerdoce, mais ça m'a réconforté dans l'importance de travailler au niveau de la pastorale des jeunes, plus particulièrement en paroisse. Je sais que de nombreuses vocations surgissent suite aux JMJ parce que des jeunes y redécouvrent la beauté de la foi et redémarrent un chemin de prière et de foi plus profonde, allant jusqu'à se poser la question d'une possible vocation sacerdotale ou religieuse.
C'est ce qui s'est passé pour moi. Pas aux JMJ, mais lors d'un pèlerinage rassemblant des centaines de jeunes. A l'époque, en 1996, à l'âge de 20 ans, dans ma promotion de 80 étudiants, nous n'étions que trois chrétiens et nous étions considérés comme des fous, des lâches qui n'acceptaient pas l'idée que tout finissait avec la mort... Entendre ça pendant une année a fait que j'ai commencé à avoir des doutes en moi. J'étais aussi le seul jeune à la messe dans le quartier où je vivais. Je me sentais différent de la majorité. Or, lors de ce pèlerinage, j'ai rencontré des centaines de jeunes qui vivaient profondément la messe avec coeur et avec joie, qui priaient quotidiennement, et surtout qui étaient tout aussi normaux que les autres jeunes! Quelle joie de ne pas se sentir seuls et de pouvoir partager sur sa foi. A cette occasion j'ai ré-entendu l'évangile avec une toute autre oreille et ça a changé ma vie. Je suis passé d'une foi de tradition à une foi choisie profondément. J'ai ré-entendu la grandeur de l'amour de Jésus pour chacun d'entre nous et j'ai choisi de lui ouvrir tout grand mon coeur. C'est ainsi que je me suis remis à lire la Bible, à aller à la messe avec un regard neuf et à y participer même en semaine. Petit à petit la question de la vocation est née.
Le cardinal Danneels a dit très justement ''un chrétien, qui est seul, est un chrétien en danger''. C'est encore plus vrai pour un jeune chrétien. Les jeunes ont besoin de se retrouver entre eux, que ce soit au niveau paroissial, au niveau diocésain, ou interdiocésain. Heureusement, différentes initiatives voient le jour, comme ''Jeunesse 2000'' ou encore le ''Festival SoulQuest'' qui aura lieu du 28 au 30 octobre, cette année à Malonne. Beaucoup de jeunes nous disent que ce genre d'évènements, comme aussi la Marche des Rameaux, sont pour eux leur bouffée d'oxygène avant de retourner dans leur quotidien et même d'affronter les difficultés du témoignage de leur foi.

N'est-on pas perdu dans la masse quand on participe à un tel rassemblement?
Il est vrai que pour bien vivre la messe lors du dernier week-end, où nous nous retrouvons à plus d'un million de personnes, il faut prévoir de bien s'équiper pour suivre ce beau et grand moment. Il y a différentes fréquences radio permettant aux jeunes des différentes langues de pouvoir suivre le fil de la célébration. A Cologne nous avions eu la chance de nous trouver juste devant un écran géant, donc nous n'avons rien perdu de ce beau moment. Espérons qu'à Madrid, nous ayons autant de chance !

Est-ce possible de vraiment vivre un beau et grand moment de spiritualité?
Oui tout à fait car, comme je le disais, malgré le nombre de jeunes, il y a un véritable climat de respect, de foi et de communion humaine et spirituelle. Nous nous portons tous les uns les autres pour permettre à tous de vivre ces jours dans une véritable union à Dieu. Lors de grands rassemblements, tous veillent, tout naturellement, à maintenir un climat propice à la prière. Autrement, dans les déplacements, les files, les temps d'attente, il y a toujours une atmosphère joyeuse: certains entonnent des chants religieux, d'autres chantent des chants profanes mais très joyeux. Je me souviens que nous étions coincés à la gare de Cologne, nous devions rentrer au lieu de logement, or la gare était complètement encombrée, il y avait des milliers de personnes qui essayaient de prendre les trains. Dans un tout autre contexte, il y aurait eu des protestations, des cris, des mouvements de colère envers le personnel ou je ne sais quoi d'autres. Or ici, un séminariste de Namur a proposé de chanter ''Frère Jacques'' en canon. Nous le faisons entre nous pour nous amuser. En quelques minutes, le chant s'est répandu dans toute la gare, chacun chantait dans sa langue. C'était unique! Ça s'est reproduit à plusieurs reprises dans les jours qui suivirent.
Lors de ces journées, j'ai l'impression que l'Esprit du Seigneur plane sur les foules car ce sentiment de communion est absolument unique dans une telle proportion.

Que dites-vous aux jeunes avec qui vous allez partir?
Que les JMJ sont une expérience unique, à vivre au minimum une fois dans sa vie. On se retrouve marqué pour toute la vie de ce sentiment d'Eglise universelle, de fraternité dans la foi, de ce sentiment concret d'appartenance à cette immense famille qu'est l'Eglise.

Quel est, pour vous, le plus beau moment des JMJ?
La veillée de prière lors du dernier week-end, de voir et de sentir ces millions de coeurs unis dans une même prière, tournés vers le Christ.
Les prochaines JMJ en Europe seront normalement dans 5 ans. J'invite les parents, les grands-parents, les paroissiens et les prêtres des paroisses à encourager les jeunes à vivre une telle expérience.
Je vous inviterai également à vous unir à tous ces jeunes en les soutenant durant ces jours par la prière. Merci pour eux et merci à vous.
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