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27/8/2011
ILS SONT RENTRÉS DE MADRID
24 jeunes du doyenné de Gembloux étaient présents aux JMJ
C’est en octobre 2010 que tout commence, quand l’abbé Léon-Ferdinand Karuhije décide de visiter les classes de 5ème et 6ème du Collège Saint-Guibert de Gembloux, rencontrant ainsi 250 élèves, et leur proposant d’adhérer au projet qui était né plus tôt dans son esprit: constituer un groupe de jeunes dans le doyenné de Gembloux, et partir tous ensemble aux JMJ de Madrid. S’ils ne sont ''que'' 12 jeunes à se montrer intéressés dans un premier temps, l’enthousiasme de la petit équipe va rapidement faire tache d’huile... Bientôt, ils sont 26 à se retrouver aux réunions mensuelles de préparation, et finalement 24 à se rendre à Madrid pour assister à la 26ème édition des Journées Mondiales de la Jeunesse. De retour en Belgique, l’abbé Karuhije est bien disposé à ne pas laisser la flamme s’éteindre.
Monsieur l’abbé Karuije, vous êtes vicaire dans le doyenné de Gembloux depuis 5 ans. Comment est né ce projet de participation aux JMJ de Madrid?
Quand je suis arrivé à Gembloux, je me suis vite rendu compte qu’il y avait quelque chose à faire pour les jeunes. Il n’y avait pas de pastorale de la jeunesse, et il était difficile de mettre quelque chose en place avec les mouvements de jeunes déjà existants et plutôt réticents à l’idée. Il fallait inventer une nouvelle formule pour capter l’attention des jeunes.
Moi-même, j’avais déjà vécu les JMJ par 3 fois, à Rome, Toronto et Cologne, et je connaissais le potentiel de ce type de rencontre. Je savais que les jeunes pouvaient accrocher, qu’on pouvait les motiver de cette façon. En collaboration avec les acteurs pastoraux du doyenné de Gembloux, le doyen, les curés, les religieux et les catéchistes, j’ai essayé de sensibiliser les jeunes à ce projet. Au Collège Saint-Guibert de Gembloux, je suis passé dans les classes de terminale (5ème et 6ème) et j’ai rencontré près de 250 élèves, faisant de la publicité pour les JMJ. L’accueil fut excellent, notamment de la direction et des professeurs de religion.

Le succès a-t-il été directement au rendez-vous?
A la première soirée d’information, 12 jeunes étaient présents avec leurs parents. Puis nous avons continué au rythme d’une réunion tous les mois, d’abord pour que les jeunes fassent connaissance entre eux, mais aussi pour qu’ils se préparent spirituellement à l’événement. De fil en aiguille, le groupe s’est élargi jusqu’à 26 jeunes… et finalement, 24 sont partis à Madrid.

Un voyage de cet ordre, ça a un coût. Comment finance-t-on une pareille expédition ?
A la base, le voyage coûte 600 € par personne. Nous avons organisé des activités pour récolter de l’argent: un marché de Noël, la vente d’objets, des collectes en paroisse, et même un dîner africain qui a permis de faire participer les paroissiens. Finalement, nous avons pu réduire le coût de 200 € par personne… Chaque jeune aura déboursé à l’arrivée un montant de l’ordre de 400 €, pour payer le car, le logement et les repas.

Lors de votre arrivée en Espagne, le 11 août dernier, vous avez vécu d’abord ce que l’on appelle les ''pré-JMJ''. En quoi cela consiste-t-il ?
Nous avons vécu les 4 jours de pré-JMJ en Catalogne, à Reus, la ville natale de Gaudi. Certains d’entre nous étaient logés en famille, d’autres dans des écoles. Nous étions avec le groupe de Durbuy, emmené par l’abbé Hadelin de Lovinfosse, et avec lequel nous avons fait le voyage en car. Les 400 autres belges francophones étaient aussi logés dans cette région, dont d’autres du diocèse de Namur (Malonne, Philippeville...) Les pré-JMJ, donc, sont l’occasion pour les jeunes de vivre dans les diocèses d’Espagne, et de mieux connaître la culture et l’hospitalité des habitants. Nous avons visité les villes de Girone, Tarragone, Barcelone et Reus. L’occasion de faire un peu de tourisme, mais également de vivre des moments de prière et de partage en attendant les ''vraies'' JMJ de Madrid.

Et dans la nuit du 14 au 15 août, vous reprenez le car, pour vous rendre à Madrid, qui est le lieu de destination finale de votre voyage.
Oui, c’est là en effet que commencent vraiment les JMJ. Nous étions logés dans un immense hall sportif, avec 800 autres jeunes venus notamment de France, et dormant sur les matelas pneumatiques que chacun doit emporter. Nous avons visité la ville… nous nous sommes d’ailleurs retrouvés par hasard en plein milieu de la manifestation organisée par les opposants à la tenue des JMJ à Madrid, ce qui était assez effrayant. Les matinées étaient consacrées aux catéchèses. Nous en avons vécu 3, dont celle de Mgr Léonard qui a parlé avec dynamisme de débats contemporains. Les autres évêques de Belgique étaient présents à ces catéchèses. C’est ainsi que nous avons retrouvé là-bas Mgr Vancottem (photo) et Mgr Warin qui ont pris le temps de venir nous saluer. L’après-midi se déroulait en ville, où nous assistions à des festivals, des concerts, des pièces de théâtre…

Puis arrive le jeudi, le jour où le pape Benoît XVI rejoint la capitale espagnole. Où étiez-vous à ce moment ?
Nous avons accueilli le pape à la place Cibeles de Madrid… et là, il faut avouer que le souvenir ne restera pas extraordinaire. Il y avait trop de monde pour l’endroit. Nous étions agglutinés les uns contre les autres; il n’était quasiment pas possible de bouger. Il y a parfois eu des crises de panique, ou même des malades en raison de la chaleur. Et puis, certains de notre groupe qui venaient spécialement pour voir le pape ne l’ont même pas aperçu, ce qui a pu paraître frustrant. Donc, il y a eu quelques déceptions, mais en règle générale nous conserverons d’excellents souvenirs, d’autant que les Espagnols se sont montrés très accueillants.

Le samedi soir, arrive le moment-phare de ces JMJ, la veillée de prière. Et là, c’est un changement de temps radical qui vous attend.
Oui, mais quand nous sommes arrivés dans l’après-midi, l’aérodrome de Cuatro Ventos nous a paru tel un désert mexicain… les serpents en moins. Il faisait très chaud. Il y a avait des insectes et des fourmis. Le soir, en débutant la veillée, nous étions exténués. En plus, le choix musical nous a paru inapproprié, c’était trop solennel pour un public de jeunes… bref, c’était plutôt mal engagé… et puis tout à coup, le vent, la pluie: c’était ce qui pouvait nous arriver de mieux! Cela nous a complètement transformés et nous avons vécu le reste de la veillée d’une toute autre manière. D’un coup, c’était plus facile d’être silencieux pour l’adoration. Ce silence, c’était littéralement IMPRESSIONNANT. A Cologne, les organisateurs avaient aussi tenté l’expérience d’une adoration, mais ça n’avait pas pris: les gens continuaient à marcher, il y avait trop de bruit. Ici, le calme était incroyable.

De retour en Belgique, quel est votre meilleur souvenir, et quels sont vos projets pour la suite?
Mon meilleur souvenir, c’est le groupe de jeunes qui m’a accompagné et dont j’ai été responsable. Il y avait tellement d’inconnues quand nous avons lancé l’idée… et puis voilà que 24 jeunes ont répondu positivement, sans tenir compte des critiques qui provenaient parfois de leurs copains. La plupart des jeunes ont vécu là-bas ce qu’ils étaient venus chercher, et c’est une grande fierté pour nous, les acteurs pastoraux de Gembloux, qui avons porté ce projet. Sur le plan personnel, je suis aussi très fier du comportement du groupe. Il y a eu des moments plus difficiles, certes, de la chaleur, de la fatigue, mais l’entente était excellente et c’est un souvenir positif que je garderai. Côté projet, il serait dommage de laisser retomber l’enthousiasme qui a vu le jour. Nous allons essayer de maintenir un rythme de réunions mensuelles pour nous revoir, essayer de former un noyau investi dans les paroisses, une pastorale des jeunes permanente, et inviter de nouvelles têtes à nous rejoindre, notamment ceux qui viennent de recevoir le Sacrement de confirmation. On aimerait s'ouvrir à de nouvelles activités, telles que des retraites ou des voyages à Taizé, mais à chaque fois, nous garderons dans le viseur l’édition suivante des JMJ. En 2013, ce sera à Rio… un peu plus loin que Madrid, un peu plus cher aussi. Nous avons le temps de voir venir et de nous organiser pour réduire les frais du voyage. Mais j’aurais vraiment envie de ne pas laisser la flamme s’étendre.
Propos recueillis par A.S.

Pour écouter les témoignages de certains jeunes du doyenné de Gembloux qui ont participé à l’aventure:
Témoignage de Nathalie: http://www.youtube.com/watch?v=6px1L4wU2bg&feature=player_embedded
Témoignage de l’abbé Léon-Ferdinand Karuhije : http://www.youtube.com/watch?v=dhkiM6xkqBw&feature=player_embedded
Témoignage d’Antoine (séminariste) : http://www.youtube.com/watch?v=RxhYd4v-UYc&feature=player_embedded
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