Jeunes Vie du Diocèse Formations Agenda

 Retour à la liste
10/11/2009
Aux futurs confirmés: être chrétien, c'est dans la vie de tous les jours
Déborah, Lucas et une dizaine d'autres ados se préparent à recevoir le sacrement de confirmation. Leur préparation s'échelonne sur deux années voilà qui est plutôt original. Au programme, notamment, une série de rencontres. Il y a quelques jours, les jeunes ont fait connaissance avec Emilie. Cette jeune Namuroise est infirmière. Elle a travaillé en Afrique. Aujourd'hui, c'est à Bruxelles qu'on la retrouve. Elle fait partie de l'association "Infirmiers de rue". Chaque jour, elle va à la rencontre des SDF, des personnes en grande détresse. En soignant les petits bobos du corps, elle arrive à soigner les plaies de l'âme. Une sacrée leçon pour les enfants.

A Bouge, des parents se sont constitués en équipes pour préparer, à la profession de foi, les enfants. Et puisque cette formule a bien fonctionné, ils ont décidé de poursuivre en les préparant à recevoir, cette fois, le sacrement de confirmation. La préparation la plus courante consiste en quelques rencontres. Les parents dynamisés par l'abbé Patrick Denis, véritable moteur pastoral, ont choisi de travailler sur deux années. Fabrice Goossens est l'un de ces parents: "La tendance actuelle est de confirmer le plus rapidement possible. Nous, nous avons choisi de laisser grandir les enfants, de leur laisser le temps d' approfondir leur foi. Peut-être que nous perdrons des enfants en cours de route... Mais nous voulons leur montrer qu'être chrétien cela se traduit dans la vie de tous les jours, dans les actes même les plus petits que nous accomplissons au quotidien. Nous souhaitons leur faire rencontrer des personnes qui s'ouvrent aux autres, qui appliquent les valeurs de l'Evangile en n'étant pas nécessairement chrétiens."

Un sourire, un bonjour... c'est déjà beaucoup
Pour utiliser un vocabulaire bien dans l'air du temps, les enfants sont restés scotchés par les propos d'Emilie. Infirmière de formation, elle ne se voyait pas dans un hôpital. La preuve? Son diplôme à peine en poche, elle s'envole pour l' Afrique. Elle y restera juste assez pour se rendre compte que la misère, la détresse sont aussi à nos portes. De retour en Belgique, elle a travaillé avec les toxicomanes, les prostituées. Maintenant, Emilie fait partie de la jeune ASBL Infirmiers de rue. Chaque matin, elle empoigne son sac à dos et avec une collègue, elle arpente le bitume bruxellois. Elle rencontre des SDF bien sûr mais aussi des gens qui traînent dans les gares, dans les métros. Des hommes et des femmes que nous finissons par ne plus voir. Ils deviennent transparents à nos regards tant la misère nous met mal à l'aise.
Que dire? Que faire? Autant de questions qui ont été posées à Emilie et à Pierre, médecin dans la même association. Tous les deux ont redit l'importance de gagner la confiance de la personne à la rue, de lui accorder un regard, de prendre le temps d'un bonjour. Et si on lui donne la pièce de le faire avec un petit sourire, un petit mot sympa.
Emilie expliquera aux enfants combien ces gens démunis vivent dans la crainte, un stress permanent. Pour eux, la nuit ne représente guère plus de 4 heures de sommeil et encore fragmenté. Ils craignent en permanence les agressions, le vol de leurs maigres affaires.... Dès le matin, un autre stress s'installe. Où manger? Comment payer? " Vous savez, explique Emilie, tendre la main pour recevoir une pièce est loin d'être un geste évident" .

Repoussante saleté
Emilie: "Au début, je n'étais pas toujours à l'aise lorsque je rencontrais les SDF: ce n'est pas évident de dire à une personne qu'elle devrait se laver, qu'elle sent mauvais. Et pourtant l'hygiène est essentielle. Se laver évite des maladies de la peau. D'autre part, si la personne recherche un logement elle n'obtiendra rien du tout en se présentant négligée devant le propriétaire. Alors, on les persuade de se laver et on les emmène dans des lieux où il y a des douches. " Les infirmières sont encore là pour conduire les personnes dont l'état de santé le nécessite vers les dispensaires. Il peut arriver qu'elles prodiguent les soins dans la rue, c'est l'exception. Comme toute personne, le SDF a bien sûr le droit d'être soigné dans des structures décentes et à l'abri des regards. Mettre un peu de pommade sur un hématome, un pansement sur une petite plaie est important. Les enfants l'ont compris. La personne constate que l'on prend -enfin- soin d'elle. Et si elle a des problèmes bien plus lourds, elle se confiera plus facilement.
Les jeunes ont écouté, ont pris des notes. Demain, lorsqu'ils croiseront un mendiant, un SDF dans la rue ils n'auront plus le même regard sur lui. C'est certain.
Leur formation ne résume pas à ces moments, à ces rencontres. En vue de la confirmation, les adolescents décortiquent encore les Ecritures et plus particulièrement l'Evangile de Marc. Les jeunes Bougeois participent aussi à des rassemblements. Objectif: montrer qu'être jeune et vivre sa foi n'est pas forcément incompatible. Fabrice Goossens: "Beaucoup nous disent qu'ils se sentent isolés que leurs copains ne vont plus à l'église." Le prêtre et les parents ont donc décidé de leur montrer que des jeunes qui vivent leur foi et bien ça existe encore. Dernièrement, ils se sont retrouvés parmi 800 ados à la Marche de Maredsous. Ils devraient aussi participer à une retraite à Taizé.
Christine Bolinne
Translate in English - Nederlands - Deutsch


 Les évêques
 Les prêtres
 Les diacres
 Les laïcs
 La vie consacrée
 Communautés nouvelles et mouvements nouveaux
 L’administration diocésaine
 La Justice ecclésiastique
 Carte du diocèse