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15/11/2011
CHEZ LES PRÉMONTRÉS DE LEFFE
''Je suis heureux d'être religieux'': à 31 ans, Frère Tanguy prononce ses voeux solennels
''Mon aventure avec le Bon Dieu a commencé avec mon baptême'' explique Tanguy Rivière. Un Dieu à qui il a toujours été fidèle: ''Même à l'adolescence, je n'ai pas fait de crise, pas de rejet de la religion.'' Samedi, à la collégiale de Dinant, Frère Tanguy, prononcera ses voeux solennels. Un grand moment pour le jeune Frère mais aussi pour toute la communauté des Prémontrés de Leffe dont il fait partie depuis plusieurs années maintenant. A quelques heures de sa profession solennelle, Frère Tanguy est stressé par tout ce qui reste à faire: entre les carnets de la célébration à reprendre chez l'imprimeur, les répétitions et l'aménagement de la sacristie, les journées passent très vite, trop vite.
Frère Tanguy, rayonnant: ''Je suis heureux d'être religieux.'' Ce bonheur, il se lit dans ses yeux. Il n'hésite pas à le partager lorsqu'il raconte sa vie avec Dieu. ''Je me suis toujours senti concerné par les choses du Bon Dieu. Depuis ma première communion, j'ai une relation de foi avec le Seigneur. Ma foi n'était pas subie.'' Enfant de choeur pendant de très longues années, membre des Scouts d'Europe, Tanguy Rivière grandit dans le village de Silly, entre Bruxelles et Tournai. Après ses humanités, il s'inscrit à l'UCL, en sciences politiques. Le jeune étudiant est assidu des auditoires. Et puis, comme le dit Tanguy Rivière, il y la Providence. Son kot se trouve face au Séminaire Saint-Paul. Il vit dans le même immeuble que d'autres jeunes qui eux partagent un kot communautaire chrétien. ''Je voulais profiter de mes études pour découvrir ou plutôt redécouvrir ma foi, ma relation avec le Bon Dieu. Avec les séminaristes et avec les étudiants j'ai partagé la messe, des moments de prière, des temps d'adoration.''

''Dieu a un projet pour moi''
Petit à petit, Tanguy Rivière est convaincu que Dieu a un projet pour lui. ''Je me suis inscrit au séminaire de Tournai. Je me voyais bien devenir prêtre diocésain. A ce moment-là, je n' imaginais jamais entrer dans la vie religieuse. De la vie religieuse je ne connaissais, comme beaucoup, que des stéréotypes: austérité, sévérité... Je me trompais vraiment sur toute la ligne: j'étais en retard d'un concile! Aux jeunes qui me demandent si j'ai eu un appel, je réponds par une image. Je suis au pied d'un mur. A travers le mur, j'entends une voix qui me dit: 'Tanguy suis moi'. C'est paniquant. Alors, j'ai prié et j'ai demandé à Dieu de m'aider: c'est bien de dire que l'on est appelé mais encore faut-il savoir à quoi. J'ai demandé au Seigneur de me donner des signes!''
Alors qu'il se trouve dans un monastère pour un Triduum pascal, il découvre une affiche, placardée sur un mur: ''Confiance, lève-toi, il t'appelle.'' Cette affiche vient du service diocésain des vocations. Le signe est là. ''C'était évident, le choc était aussi fort que si j'avais reçu une gifle en plein visage.'' Restait à oser donner une réponse. Un ami lui rapporte une phrase du cardinal Dannels: ''un ''oui'' rend heureux, un ''non'' rend triste''...
Au Séminaire, il découvre la vie en commun, les temps de prières partagés... Il sent que c'est vers la vie communautaire qu'il doit s'orienter. Mais comment choisir une communauté? Et là encore comme le souligne, avec beaucoup d'humour, le jeune Frère, le ''Seigneur met son petit grain de sel.'' Il retrouve un Père rencontré bien des années plus tôt, un Prémontré. Une brève recherche sur le net lui montre que les Prémontrés sont installés à Averbode et à Tongerlo mais aussi à Leffe. Une communauté de 16 personnes qui vit en bordure de Meuse dinantaise. Le jeune séminariste y multiplie les retraites, le temps d'un week-end, de vacances. ''Dès le début, je m'y suis senti bien. J'ai toujours été touché par le côté familial de Leffe.'' Il est séduit par la vie des prémontrés, une vie communautaire, une prière partagée... Lors d'un séjour à Lisieux, il réfléchit sur son avenir et il cherche à conforter son choix. ''Le Seigneur a vraiment fait preuve avec moi d'une délicatesse infinie: il n'a pas cessé d'être bon avec moi. A Lisieux, j'ai ainsi découvert -par hasard- le récit d'un frère de l'abbaye des prémontrés de Mondaye. Il racontait sa vie, son parcours et j'avais l'impression qu'il parlait de moi.''

''S'apprivoiser l'un l'autre''
La décision était prise. Leffe accueillerait un nouveau Frère. ''J'ai vraiment ressenti une joie immense. Attention, ce n'était pas de l'euphorie.'' Neuf mois plus tard, il y a eu la prise d'habit. Le postulat comme le noviciat sont des périodes pour prendre son temps, asseoir son choix tant du côté du postulant que de la communauté. Il s'agit en quelque sorte de s'apprivoiser. Et la vie en communauté n'est pas toujours simple.
Frère Tanguy est lui toujours aussi heureux et il poursuit sa formation. Il vient ainsi de passer trois ans à l'IET, à Bruxelles. ''J'y ai rencontré des grands hommes. J'ai habité 3 ans avec des Jésuites, des hommes d'une richesse impressionnante. Les professeurs sont des experts d'une grande humilité. Pour moi, ce sont des hommes du Bon Dieu qui n'ont qu'un souhait: que chacun donne le meilleur de lui-même.''
Il y a trois ans, il prononçait ses premiers voeux. ''C'était une étape en plus dans la vie que je vais mener avec la Communauté. C'était une reconnaissance que mon choix était bon. On m'offrait une nouvelle période de discernement pour polir les angles et surtout approfondir ma relation avec le Seigneur.''
Ce samedi 19 novembre, jour de la saint Tanguy, il fera sa profession solennelle. ''Je suis impatient de prononcer mes voeux.'' Il s'engagera à la chasteté, à l'obéissance et à la pauvreté. Il s'engagera aussi à mettre sa vie au service du peuple de Dieu. Agenouillé devant le Père Abbé de Leffe, le profès mettra ses mains jointes entre celles du Supérieur et il lira sa profession. Un texte qu'il a lui-même écrit. Un peu plus tard dans la célébration, il sera officiellement incorporé dans la communauté.

Futur prêtre
Dans quelques mois, le Frère Tanguy devrait être ordonné prêtre. Et à ce titre, il pourra aider l'église diocésaine en célébrant, comme c'est déjà le cas pour d'autres prémontrés, des offices dans les environs de l'abbaye. ''Ce sera pour plus tard mais ce qui est certain c'est que je veux vivre à l'abbaye.'' Une abbaye à qui il continuera à faire des infidélités une fois par semaine. Il vient en aide aux personnes en difficultés. ''J'ai fait partie de ''Solidarité dinantaise'' maintenant je travaille à La Fontaine, une association belge de l'ordre de Malte. C'est un centre d'accueil qui permet à des SDF de trouver un lieu pour faire leur toilette, laver leur linge. Cela me touche humainement et spirituellement. Je ne peux que les confier à la grande miséricorde du Seigneur. Je suis aussi édifié par le travail mené par les personnes de l'association. Elles ne travaillent pas pour la gloriole, ce sont des gens engagés qui rencontrent Jésus Christ'''.
La profession solennelle aura lieu ce samedi 19 novembre, à 15h, à la collégiale de Dinant -l'église de l'abbaye étant trop petite pour accueillir les invités. Les petits chanteurs de Belgique seront présents. Régulièrement cérémoniaire (la photo) à la cathédrale Saint-Aubain, Frère Tanguy aime que la liturgie soit belle. ''Une belle cérémonie aide l'homme à rencontrer Dieux.'' On se doute qu'il a donc mis un soin tout particulier à la préparation de sa profession solennelle.
Christine Bolinne
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