Jeunes Vie du Diocèse Formations Agenda

 Retour à la liste
16/6/2016
L'abbé Bruno Robberechts sera, à la rentrée, doyen de Leuze
Alors qu'il était encore un gamin, l'abbé Bruno Robberechts s'imaginait célébrant l'eucharistie. Une envie qu'il n'assouvira que bien des années plus tard, une fois qu'il aura réussi à dépasser sa timidité. Ses études devaient l'y aider. L'abbé Bruno Robberechts est ingénieur civil de formation mais aussi docteur en philosophie. Membre jusqu'ici de l'équipe solidaire du secteur pastoral de Fernelmont, Il vient de répondre positivement à la proposition de Mgr Vancottem: à 51 ans, l'abbé Robberechts est le nouveau doyen de Leuze. Il remplace le doyen Jules Sabaux qui prend sa retraite.
Entre corrections et présence dans des jurys d'examens, l'abbé Bruno Robberechts est, en cette fin d'année, très occupé. Cela ne l'empêche pas de réfléchir déjà à ses responsabilités futures dans le diocèse. Dès la rentrée, il sera doyen de Leuze. Outre un déménagement -il va quitter le presbytère de Forville - il y a ses nouvelles fonctions à appréhender.
Le doyen est un manager. Il donne l'impulsion au doyenné et lorsqu'il y a des problèmes, il est encore là pour les résoudre. Voilà qui devrait correspondre au tempérament du nouveau doyen. ''Je suis très patient et aussi très diplomate. J'aime valoriser les gens, les remercier pour ce qui a été fait, les encourager.'' Comme il le fait déjà dans ses paroisses de Forville, Noville-les-Bois, Bierwart et Sart d'Avril, l'abbé Robberechts conçoit le travail, en équipe, en tenant compte et en utilisant au mieux les qualités de chacun. Pas question de se précipiter, de bousculer les choses. Il pourrait reprendre la formule de François Mitterrand: ''Il faut laisser du temps au temps.''
Il ne faut surtout pas voir dans cette manière de faire de la langueur. L'abbé Robberechts a des journées toujours bien remplies et très diversifiées. ''J'aime la vie dans les paroisses, rencontrer les gens, parler avec eux.''
La lecture occupe aussi une place importante dans son emploi du temps. Il aime lire tout ce qui a trait à la philosophie ou encore à la théologie. Il a ainsi en charge la rubrique recensions de livres dans la revue diocésaine Communications. ''Mes lectures sont aussi très utiles dans la préparation des cours '' ajoute-t-il. Jamais un roman, cela ne l'intéresse pas. Les BD ne remportent pas plus de succès chez le futur doyen. A une exception: ''Une thèse de sociologie sur le rapport entre le pouvoir et l'Eglise a été éditée sous forme de bande dessinée et c'était vraiment très intéressant.'' La musique l'intéresse également beaucoup. Souvent, l'abbé Robberechts profite de ses vacances pour suivre des stages de guitare. Il joue encore du trombone dans la fanfare de Fernelmont. Et puis, c'est un sportif, un adepte du deux roues avec ou sans moteur! La moto est un mode de déplacement idéal mais inquiétant. ''Cela fait peur de voir tout ce que font les automobilistes en conduisant'' lance l'abbé. Après avoir excellé au volley ball, il est devenu un cycliste performant. ''Je viens de m'acheter un nouveau vélo et en quatre jours j'avais déjà 300 km au compteur.'' Il fait de la course à pied et de la natation. ''Un jour, je m'inscrirai peut-être à un triathlon.'' Le sport fait partie de son mode de fonctionnement et lui est devenu, au fil des années, indispensable.

La timidité, ça se soigne
Originaire de Sugny (Bouillon), l'abbé Robberechts fréquente très jeune la bibliothèque paroissiale - une passion de toujours, il est encore pour quelques semaines le directeur de la bibliothèque du séminaire- et est fasciné par la vie des saints. Il lit tous les livres qui y sont consacrés. ''C'était pour moi l'image du bonheur paradoxal. J'étais fasciné.'' Il est encore un paroissien fidèle, il assiste avec assiduité aux offices et s'imagine bien présider, un jour, l'eucharistie. Mais voilà, un prêtre se doit de prendre la parole en public. Et là, ça coince. Une timidité dont il guérira petit à petit. ''Ce n'est pas rien d'être devant les gens. Je sais que je ne serai jamais un orateur mais j'ai surmonté ma timidité.''
Ses études vont l'y aider. ''Durant mes études pour devenir ingénieur civil, j'ai présenté des travaux, des rapports... j'ai pris de l'assurance.''
Pendant les vacances, il aime aller travailler dans les champs, dans les bois. ''J'apprécie alors de me laisser porter par la méditation.'' Encore aujourd'hui, l'abbé Robberechts reconnaît volontiers qu'il aime le silence. Il ne comprend pas pourquoi, même en étant en compagnie d'une personne, il faille parler.
Son diplôme en poche, il travaille durant une année comme ingénieur de recherche au laboratoire de thermodynamique. ''J'étudiais le comportement des courants d'air, dit-il en souriant. Nous faisions aussi des essais de chaudières, de radiateurs... ''
Autre particularité, outre le fait d'être brillant, l'abbé Robberechts a sans doute été un des rares si pas le seul étudiant de l'université de Liège à n'avoir jamais participé à des guindailles, à n'avoir jamais bu un verre de bière. ''Selon moi, ce n'était pas possible. Certaines semaines nous avions jusqu'à 40 heures de cours, des laboratoires, des rapports à rédiger. Je me levais régulièrement à 1h30 du matin pour utiliser un des ordinateurs mis à notre disposition et travailler au calme.''
Et comme son kot se trouve en face d'une église, durant les deux dernières années de ses études, chaque jour, il assiste à la messe. ''Au niveau de ma foi, je mûrissais. Quand je me demandais ce que je ferais dans 20 ans, il y avait une chose que je savais: je ne me voyais pas ingénieur.''

''Je me suis senti porté''
Le jeune ingénieur décide alors de devenir prêtre. Il s'inscrit au séminaire Saint-Paul à Louvain-la-Neuve et a, parmi ses professeurs de philosophie, l'abbé André Léonard. ''Je me suis senti porté. Je vivais dans une ambiance de découvertes avec de ''grosses pointures'', des intellectuels. Alors, je me suis dis que je devais lire.'' Et c'est ainsi qu'il a lu tous les philosophes! C'est à l'IET qu'il poursuivra la théologie. Aujourd'hui encore, il garde un souvenir ému de certains professeurs. ''Les cours avec Jean Ladrière ont été des moments d'une grande richesse. Je les ai dégustés.''
En 1995, il est ordonné prêtre par Mgr Léonard, devenu entretemps évêque de Namur, et se voit confier un poste de vicaire à Beauraing. Fonctions qu'il mènera de front avec un doctorat en philosophie. Depuis l'an 2000, il a rejoint le staff des professeurs du séminaire. Il a notamment enseigné la psychologie avant de prendre en charge la philosophie religieuse et l'anthropologie. ''J'aime beaucoup le cours de philosophie religieuse. C'est passionnant de tenter de comprendre ce qui fait que Dieu travaille en nous.''
Ecolo dans l'âme, fasciné par tout ce qui est lutte contre le gaspillage, le nouveau doyen sera remplacé par l'abbé Pierre Paglan. Ce dernier quitte Belgrade pour lui succéder à Forville et devenir responsable de secteur.
Encore quelques semaines pour peaufiner le travail de la rentrée. Pour gérer l'inquiétude qui est devenue la sienne depuis l'annonce de sa nomination: ''Je me sens stimulé et je me dis que ça ira.'' Mais aussi pour saluer ses paroissiens. Il les quitte avec un pincement au coeur.
Christine Bolinne
Translate in English - Nederlands - Deutsch