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6/12/2011
DÉCÈS CHEZ LES CARMÉLITES DE FLOREFFE
A 100 ans, soeur Marie-Victor s'en est allée
En mars dernier, soeur Marie-Victor soufflait les 100 bougies de son gâteau d'anniversaire. Une belle fête pour celle qui était entrée au carmel à l'âge de 20 ans. Soeur Marie-Victor s'en est allée samedi dernier. Ses funérailles auront lieu ce mardi 6 décembre à la chapelle du carmel de Floreffe.
Nous l'avions rencontré quelques jours avant son anniversaire. ''Je ne regrette rien de ma vie'', lançait alors d'une voix énergique soeur Marie-Victor. J'ai eu une belle vie.''
Soeur Marie-Victor était intarissable: une mémoire sans la moindre faille pour raconter sa vie à Rouvroy-Harnoncourt, les années strictes passées au carmel et les déboires politiques de notre pays. Avec un papa bourgmestre de Lamorteau, des frères passionnés de politique - un sera ministre - comment pouvait-il en être autrement? ''Je suis Belge jusqu'au plus profond de mon coeur'' confiait alors la religieuse. Soeur Marie-Victor avouait encore qu'elle ne pouvait s'empêcher de penser au Roi Albert II: notre pays était alors en pleine crise gouvernementale.
Enfant, elle habitait à deux pas d'un château qui hébergeait des carmélites venues de Nancy. Marie-Thérèse (son prénom avant d'entrer en religion) et ses soeurs avaient percé un trou dans la haie du jardin pour les regarder vivre. Marie-Thérèse y passait des heures. Souvent, elle allait avec son papa au couvent. ''Papa était un homme formidable. Il aidait beaucoup les religieuses pour gérer leurs affaires. Et moi, je l'accompagnais. J'étais fascinée. Elles portaient un long voile mais il était fait dans un tissu très fin comme ça on devinait leur visage. Même si je les trouvais mystérieuses, je n'ai jamais eu peur. Pendant la messe, je regardais toujours vers la grille derrière laquelle elles se trouvaient. Je voulais les apercevoir. J'étais attirée par les carmélites et leur vie de prières.''
A 20 ans, elle entrait au carmel où les conditions de vie étaient très strictes. Rien à voir avec ce qu'elles sont aujourd'hui. ''A 20 ans, j'étais anémique. Nous mangions très peu, souligne la carmélite. Si au lieu de me donner des médicaments on m'avait donné une tartine de plus, je crois que cela m'aurait fait du bien!'' Au menu: pain sec et chicorée. Le café, c'était pour les grandes occasions. Cette fille de la campagne aimait beaucoup les travaux lourds pour lesquels elle ne ménageait pas ses efforts. Le ménage dans le carmel, c'était sa récréation. Elle aimait aussi les travaux au potager et ce, malgré la lourde bure qui tenait très, très chaud!
Soeur Marie-Victor passera plusieurs dizaines d'années au carmel de Marche où elle s'occupera principalement des travaux de couture. Le carmel a, aujourd'hui, fait place à un centre commercial. Les soeurs ont dû déménager. Un vrai déchirement pour la religieuse. ''Quitter Marche a été pour moi un véritable déracinement.'' Les soeurs ont ensuite séjourné à Sorinnes, dans de nouveaux bâtiments. Suite à des problèmes, la petite communauté a été séparée. Un nouveau déchirement avant d'arriver, à Floreffe, avec une autre carmélite, soeur Marie-Antoinette.
Soeur Marie-Victor aura consacré sa vie à la prière et au travail. Ceux qui ont eu la chance de la rencontrer ne pourront oublier sa grande gentillesse. Dotée d'une bonne dose d'humour, elle savait ne pas se prendre au sérieux.
L'Eucharistie des funérailles sera célébrée ce mardi 6 décembre à 10h30 en la chapelle du carmel.
C.B.
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