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3/9/2013
La cathédrale se transforme en atelier de restauration d'un tableau
Comme chaque jour, les touristes sont nombreux à l'intérieur de la cathédrale Saint-Aubain. Des visiteurs qui, spontanément ont le regard attiré par les stucs du plafond, par ces anges qui mènent jusqu'à la coupole... Les moins timides s'approchent de la chapelle dédiée à la Vierge, chapelle qui s'est transformée en atelier depuis quelques semaines déjà. Katarzyna Gorecka y travaille à la restauration d'une toile de Loder, ''L'adoration des mages''. Un travail tout en délicatesse, en précision qui prendra encore bien des semaines. Cette toile du 18eme siècle, grand format, a besoin de toutes les attentions de cette spécialiste. Un chantier de restauration financé par la Pologne.
Katarzyna Gorecka est restauratrice d'oeuvres d'art en Pologne. Elle a découvert le diocèse au fil de ses chantiers. Cette passionnée a déjà beaucoup travaillé à rendre des couleurs aux fresques de l'église orientale de Chevetogne. Et lorsque cette jeune polonaise a décidé de consacrer son doctorat aux toiles de grand format, ses pas l'ont menée à Namur. Les toiles grands formats sont relativement rares. Plusieurs sont accrochées dans le choeur de la cathédrale où elles épousent parfaitement l'architecture du lieu. Elles ont été accrochées sur un châssis incurvé. Des toiles qui, en traversant les siècles, ont elles aussi bien souffert. C'est le cas de ''L'adoration des mages'', un tableau (4,5m x 3,7m) signé Mauritius Loder. Cet artiste né à Mayence en 1728 a séjourné durant de longues années dans la région. Il a vécu au château de Franc-Waret où il est mort en 1793.
En voyant ce tableau, Katarzyna Gorecka est directement tombée, malgré les couleurs défraîchies, sous le charme. La toile est déformée, elle gondole. Ces déformations ont été provoquées par un mauvais accrochage sur le châssis incurvé. A l'époque on n'avait pas suffisamment tenu compte que la toile travaille tout comme le support.
Restaurer une toile, ça ne s'improvise pas. La doctorante a constitué un dossier: elle a pris des centaines de photos, prélevé des échantillons de peinture afin de déterminer les pigments à utiliser. Quelques mois plus tard, elle est revenue, à la cathédrale de Namur, avec des scientifiques de l'Académie Polonaise des Sciences de Varsovie. Ils ont concentré leur attention sur les déformations de la toile qui a été passée au scanner. L'objectif étant de trouver le moyen de tendre la toile sur un cadre et éviter, à l'avenir, qu'elle ne se déforme à nouveau.
En Pologne, ces scientifiques ont encore imaginé deux plates-formes sur lesquelles déposer la toile: une incurvée et l'autre concave en fonction des travaux à entreprendre. Le tout a été amené sur place, un voyage très long effectué en camion.

Décrocher la toile
En juillet, il a fallu monter les plates-formes dans la chapelle de la Vierge. Un système de poulie a été mis en place pour permettre de bouger un tableau très fragile et tout aussi lourd.
Auparavant, il a fallu le décrocher: un travail tout en précision et qui a pris plusieurs heures. Il a ainsi fallu protéger les oeuvres voisines et monter un échafaudage. Une fois sur le sol, l'équipe a détaché la toile de Loder de l'encadrement. La première mission de Katarzyna a été de nettoyer l'arrière du tableau, une toile souillée par le temps, les poussières...
Pour éviter que le tableau ne se déforme avec l'utilisation de la vapeur, les spécialistes ont imaginé un damier. Ils ont nettoyé une zone, passé la suivante, nettoyé la troisième et ainsi de suite. Une fois la toile bien sèche, il restait à nettoyer les parties encore souillées. La restauration de tableaux, c'est tout un art qui exige des connaissances historiques pointues mais aussi beaucoup d'imagination dans les techniques à utiliser. L'arrière du tableau étant tout propre, la phase suivante a été de renforcer les bords de la toile souvent déchirés, de réparer quelques accros. Là aussi un travail de patience réalisé avec de la toile en lin.
Il s'agit maintenant pour Katarzyna Gorecka de s'intéresser à la toile proprement dite, de nettoyer les peintures, de procéder aux retouches nécessaires. Elle va utiliser des pigments stables qui ne devraient pas se ternir avec le temps. Comme tous les restaurateurs, Katarzyna Gorecka a toujours bien à l'esprit que la plus belle des restaurations est celle qui ne se voit pas. Le restaurateur doit ainsi faire preuve de beaucoup de doigté, de délicatesse, de patience.... ''Ce travail demande beaucoup de concentration. Il faut aussi savoir prendre son temps et admettre qu'il faut parfois travailler toute une semaine pour que l'on se rende compte de la progression du chantier.''
Un travail qui va demander plusieurs mois encore. N'hésitez pas à vous rendre à la cathédrale pour voir Katarzyna au travail. Lorsqu'elle parle restauration d'oeuvre d'art, elle est intarissable.
C.B.
20/9/2013
La restauration du tableau de Loder présentée à la presse
Les habitués de ce site sont au courant que les travaux de restauration de la toile de Loder ''L'adoration des rois mages'' ont débuté en juillet dernier. Il s'agit de la phase visible de la restauration car les contacts ont eux démarré bien plus tôt. Ce vendredi, la presse était invitée à la cathédrale Saint-Aubain pour voir, sur le terrain, tout le travail déjà réalisé par Katarzyna Gorecka. Catherine et Emmanuelle, de jeunes restauratrices namuroises sont là pour l'accompagner dans sa mission. Une restauration qui présente un intérêt artistique bien sûr mais également scientifique.

Katarzyna Gorecka est assistante à la Faculté de Conservation et de Restauration de l'Académie des Beaux-Arts de Varsovie. Cette jeune femme est passionnée par les toiles de grand format. En travaillant sur l'oeuvre de Mauritius-Henrich Loder, elle est comblée: la toile mesure 3,70m sur 4,50m! Attrait supplémentaire, elle a été installée sur un châssis incurvé qui épouse ainsi parfaitement l'architecture du choeur de la cathédrale. Outre l'aspect artistique, de nombreux scientifiques ont travaillé sur ce dossier. Ils veulent comprendre et éviter à l'avenir que des toiles aussi grandes ne se déforment. ''L'adoration des rois mages'', la toile de Loder a en effet beaucoup souffert des variations de température, d'humidité mais aussi de la manière dont elle a été accrochée sur son cadre. Elle était déchirée à plusieurs endroits. Le tableau a été passé au scanner, aux UV... Il n'a plus de secret pour les scientifiques.
Des déchirures qui ne sont déjà plus qu'un vieux souvenir: elles ont déjà été réparées. Les restauratrices travaillent dans la chapelle dédiée à la Vierge et transformée, pour plusieurs mois encore, en atelier. Chaque jour, la cathédrale reçoit la visite de nombreux visiteurs. Ce chantier de restauration constitue pour eux un attrait supplémentaire. Katarzyna Gorecka est toujours prête à arrêter son travail pour l'expliquer. Actuellement, elle reçoit l'aide bien précieuse de Catherine et d'Emmanuelle, deux jeunes restauratrices en oeuvres d'art. Elles en sont à une étape du travail très intéressante pour les visiteurs: à l'aide de solvants, elles retirent la saleté qui a atténué les couleurs au fil des siècles et le vernis d'origine. Après, il faudra refaire les peintures abîmées et passer une couche de vernis. Les travaux vont se poursuivre jusqu'en décembre avant de reprendre au printemps prochain. La toile devrait retrouver sa place dans le choeur de la cathédrale en juillet 2014.
Pour admirer le travail de restauration, il suffit de se rendre à la cathédrale Saint-Aubain.
C.B.
Des travaux qui sont financés par le Centre National des Sciences de Pologne. Un chantier durant lequel, la jeune femme, mesure, grâce à des méthodes optiques, les déformations dans les toiles de grands formats. Les résultats obtenus seront repris dans leur intégralité dans la documentation qui accompagne le chantier. Après analyse, ils ont déjà été utilisés dans l'exécution des travaux de rénovation de la toile.

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