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27/6/2021
Séminaire Redemptoris Mater: le recteur, l'abbé Rocco Russo démissionne
Il y a quelques jours, via les réseaux sociaux, l’abbé Rocco Russo, recteur du séminaire Redemptoris Mater de Namur annonçait qu’il venait de présenter sa démission à Mgr Warin. Cela faisait 20 ans que le recteur exerçait cette mission et l’envie de passer à autre chose devenait de plus en plus pressante. Dimanche, à l’issue de l’ordination d’Isaac Torres Julian, l’évêque a tenu à lui rendre hommage, à le remercier pour son travail, son investissement.
Lorsque l’abbé Rocco Russo est arrivé, à Namur, en septembre 2001, l’espace dédié au séminaire Redemptoris Mater n’avait rien à voir avec ce lieu chaleureux qu’il est devenu aujourd’hui. Le troisième étage du séminaire de Namur n’était encore qu’un vaste grenier transformé en quelques chambres mais à l’abandon depuis tant d’années… Il a fallu se retrousser les manches et vivre dans un lieu en chantier.
Un séminaire qui assure depuis la formation de séminaristes du Chemin Néocatéchuménal, un parcours d’initiation chrétienne. Faute d’espace de vie, les premiers séminaristes vivaient alors dans les familles, chez des prêtres et suivaient les cours, comme ils continuent à le faire aujourd’hui, au séminaire Notre-Dame de Namur.
En 2001, l’abbé Russo, originaire de Cortone, une ville de Calabre arrive à Namur: il sera le premier recteur. Incardiné dans le diocèse de Rome où il a été ordonné prêtre par le pape Jean-Paul II, en avril 1997, il est envoyé en mission. ''Je n’ignorais pas ce que pouvaient être les difficultés: ne pas connaître la langue, arriver dans un nouveau lieu, assumer la grave responsabilité de la formation, intégrer une réalité ecclésiale inconnue. Mais sans trop considérer mes limites et ma pauvreté, je me suis tourné vers le Seigneur avec confiance sachant qu’il m’aiderait. Et c’est ce qui s’est passé. Je me suis toujours senti soutenu et encouragé face aux difficultés de la vie de recteur.''
Vingt ans plus tard, l’abbé Russo est conscient qu’il a changé au fil des années. ''Un peu, dit-il un large sourire lui barrant le visage, comme un père de famille qui est plus sévère avec son premier enfant. Je suis aussi moins timide.'' Et de poursuivre plus sérieusement: ''Un séminaire est un lieu particulier, un lieu de désert. Même si les séminaristes ne sont pas coupés du monde extérieur, ces années sont un temps privilégié pour se connaître, pour discerner, pour comprendre comment Dieu est présent, agit en nous.''

''Je suis le recteur pas leur copain''
Le séminaire Redemptoris Mater est une petite communauté, une communauté de séminaristes qui a évolué, au fil des années, comprenant entre 7 et 20 candidats à la prêtrise. Des jeunes venus quasi du monde entier dont beaucoup d’Amérique du Sud. Le Chemin Néocatéchuménal ayant une dimension missionnaire. Des jeunes qui vivent loin de leur famille pendant de longs mois. Si de belles amitiés naissent, il arrive aussi que des tensions surgissent. Le recteur Russo: ''Je leur dit qu’ils doivent être libres entre eux. La crise que l’un traverse ne doit pas déstabiliser tous les autres.''
Tous les séminaristes qui ont débuté leur formation à Namur (une centaine) ne sont pas allés jusqu’à l’ordination. Et c’est normal. L’abbé Russo a ainsi dû prendre la décision de stopper quelques jeunes sur leur route. ''Le séminaire aide à devenir un peu plus un homme, à devenir un peu plus chrétien, à mûrir en humanité. J’ai dû faire comprendre à certains qu’ils n’étaient pas destinés à la prêtrise. Je continue à avoir des contacts avec plusieurs qui n’ont pas poursuivi comme avec l'un d'entre eux qui est aujourd’hui marié et père de trois enfants.''Des décisions qui n’ont pas toujours faciles à prendre.
Dans sa lettre de démission, il écrit: ''Le premier bénéficiaire de ces années de Recteur, c’est moi. J’ai appris, si l’on peut dire ainsi, à être recteur, grâce aux séminaristes. Leurs besoins, leurs crises et leurs joies ont été pour moi un stimulant et une grâce.'' De poursuivre: ''Je suis aussi conscient que je n’ai certainement pas été exempt d’erreurs ou de défauts de caractère qui ont certainement causé de la souffrance à ceux qui me sont les plus proches: les séminaristes et les prêtres, même s’ils ont été commis sincèrement et sans malice et de bonne foi. Pour ces erreurs, je demande pardon à tous ceux qui se sont sentis blessés et je fais confiance à leur bienveillance.''

Et demain?
L’abbé Rocco Russo va prendre des vacances. Il retourne dans sa famille où il profitera des siens et de la douceur de la mer. A côté de ses moments de farniente, il se mettra au service des paroisses voisines où il ira célébrer. A la rentrée, il sera à Namur. Si son successeur est désigné, l’abbé Russo sera présent pour lui expliquer le fonctionnement du lieu… Si la désignation n’a pas encore eu lieu, elle revient à l’équipe internationale du Chemin Néocatéchuménal, il assurera l’intérim. Et après? Il est bien sûr à disposition du Chemin Néocatéchuménal. Incardiné dans le diocèse de Rome, il est prêt à refaire ses valises pour un nouveau lieu, une nouvelle mission plus en phase avec la pastorale. N’est-il pas prêtre itinérant mettant ses compétences, son charisme pour les besoins de l’évangélisation du Chemin Néocatéchuménal. L’abbé Russo: ''J’ai été ordonné pour annoncer l’Evangile.'' Et dans ses valises, l’abbé Russo emportera des perles comme il dit. Les perles, ce sont ces moments forts vécus avec les séminaristes notamment lors des célébrations, des scrutatio. ''Ces partages de la Parole de Dieu sont des moments clés.'' Il est aussi certain que ses pas le ramèneront vers Namur et d’une manière plus large vers la Belgique. Il aurait bien envie de faire connaître à des jeunes, lors de pèlerinages, divers lieux de chez nous.
L’abbé Rocco Russo termine sa mission de recteur en ayant présenté à l’ordination un nouveau candidat, Isaac Torres Julian. ''Une ordination, c’est comme un bateau qui s’en va vers le large. Un très beau moment, une vie qui commence qui sera très belle mais qui comprendra aussi des moments plus difficiles. Je ne peux m’empêcher de me demander et c'est une souffrance pour un recteur: est-ce que j’ai vraiment tout bien fait pour qu’il soit ce prêtre. Mais faut accepter que chacun soit responsable de sa vie.''
Christine Bolinne
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